CELINE PERD SON ACCENT… mais René l’a conservé

9 octobre 2018
9 octobre 2018 Marie-Lou

CELINE PERD SON ACCENT… mais René l’a conservé

Celine

Au début du mois de septembre, la marque de luxe Céline gommait son accent aigu et devenait « Celine ». Non événement ? 

Pas pour la marque qui a justifié cette décision par un « souci de réduction et de pureté, à l’instar des collections de l’époque » et une envie de renouer avec l’esprit sixties de ses origines.

Une bonne marque, de surcroit grand public & mondiale se doit d’être lisible et prononçable simplement pour être mémorisable par ses cibles. C’est pourquoi le choix du retrait du tout petit accent de Celine a pu être motivé par d’autres raisons qu’un stratégique retour aux sources.

    • Tout d’abord une simplification à l’international.

    Un signe diacritique (par exemple, un accent) est un signe accompagnant une lettre pour en modifier le son correspondant. Certains alphabets en possèdent. La cédille française , le ñ espagnol ou encore le Umlaut allemand sont des particularismes culturels peu exportables à une échelle internationale qui gomme toute aspérité pour parler au plus grand nombre.

    Malgré la nécessité d’user d’un espéranto citoyen du monde, pléthore de marques BtoC ponctuent toujours leur nom et sont pourtant loin de n’être que confidentielles ou locales :

    – Nestlé, Crédit Agricole, Estée Lauder ou encore L’Oréal ont conservé leur accent aigu. 

    – Courrèges arbore son accent grave avec fierté

    – Avec Moët & Chandon ou le créé de toutes pièces Haägen-Dazs, le tréma accède au rang de marqueurs iconiques

    Mieux, l’accentuation s’avère un signe d’authenticité qui enrichit l’univers de la marque et l’ancre dans son histoire.

    • Ensuite, une concordance entre la marque accentuée et son nom de domaine. Les IDN (Internationalized Domain Name) permettent depuis 2012 de ponctuer un nom de domaine. nestlé.com a été enregistré par la firme agro-alimentaire mais renvoie sur le plus international nestle.com.
  • Par ailleurs, au vu de l’encombrement de noms de domaine, insérer un petit accent dans son URL peut également permettre de passer outre un nom de domaine déjà réservé. L’accent dans le nom de marque constitue bien, dans ce cas précis, un atout.

    D’autres marques devraient-elles suivre le mouvement de Celine ?

    La présence d’accent dans un nom de marque ne représente plus de réel frein. Cela peut même être un élément distinctif de taille. Si le patronyme Citroën se prononce de manière très différente dans le monde, le retrait du tréma lisserait dangereusement la marque aux chevrons. L’accent, patrimoine immatériel de la marque ?