17 octobre 2017 Sophie Gay

Le « bon nom » par Nicolas Godefroy (Avocat Godins & Associés)

Nicolas Godefroy
Chaque mois, nous vous proposons d’interviewer des acteurs de la communication sur le volet : Qu’est-ce qu’un « bon nom » ? En existe-t-il un dans l’absolu ?
Ce mois-ci, Nicolas Godefroy, Avocat en Propriété Intellectuelle chez Godin & Associés, répond à trois de nos questions concernant la création de noms de marque et le naming.

 

 Trois adjectifs qui vous viennent quand je vous dis un « bon nom » : 

A cette réponse, je dois d’abord faire une réponse d’affreux juriste. Une marque doit être distinctive et disponible, c’est ce que dit la loi. « Distinctive », elle ne doit pas décrire le service ou les produits ou services qu’elle a vocation à identifier. « Disponible » car elle ne doit avoir été préemptée par des tiers. Mais je suis conscient qu’une marque nouvellement créée doit répondre à un cahier des charges. En fait, un bon nom doit souvent être a minima évocateur, au sens où le public percevra les produits ou services en cause. Je dirais donc qu’un bon nom doit être suffisamment distinctif, disponible et adapté.

 

L’expérience de noms qui vous a le plus marqué :

L’avocat que je suis est tenu à un devoir de confidentialité et je ne peux citer de projets en particulier. En fait, les expériences les plus marquantes sont celles qui se passent bien …et celles plus difficiles. Dans le premier cas, le nom présente un équilibre entre créativité et adéquation, il ne tarde pas à susciter un consensus entre l’entreprise, l’agence et le juridique et il est enregistré comme marque sans difficulté. Dans le second cas, des obstacles apparaissent à son enregistrement comme marque. Mais s’ils sont levés, c’est très gratifiant. C’est toujours une gestation, plus ou moins facile, mais quand le nom est finalement révélé au monde, c’est toujours un heureux événement.

 

Le meilleur nom selon vous :

C’est une question difficile. Il est rare que le nom apparaisse excellent au démarrage et c’est l’usage de celui-ci, et notre réceptivité à la communication qui l’entoure, qui nous le font aimer ou non. J’avoue avoir été sensible aux sonorités d’Häagen-Dazs, évoquant des plaisirs glacés et nordiques, alors que, pas du tout, il s’agit d’une entreprise américaine. J’ai pour ma part un faible pour les marques chinoises qui sont des translitérations réussies de marques occidentales. Coca-Cola « ke kou ke le » est de ce point de vue un exemple historique difficilement dépassable. « Ke Kou Ke Le est à la fois une très bonne transcription phonétique, proche de l’original mais qui, de surcroît par ses allitérations, évoque le pétillement en bouche. C’est également une transcription sémantique très réussie composée des caractères délicieux / bouche , joyeux / musique.

Merci à Nicolas Godefroy pour ce partage.
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