9 juillet 2020 Marie-Lou

#NAMIBIE LA WEEKLIE – 09/07

L’onde de choc mondiale provoquée par la mort de George Floyd touche inévitablement les marques qui entrent en collision avec leur rôle sociétal. Simultanément aux manifestations populaires, #BlackLivesMatter a cumulé 15.8 milliard de vues sur TikTok.

Seulement voilà, au même titre que les pratiques de pink washing, de green washing et de féminisme washing, la cause anti-raciste est-elle en passe de devenir une nouvelle aubaine intéressée pour les marques ?

Récemment pointée de la souris par deux pétitions, Unilever repense le nom de sa marque Fair & Lovely , accusée de présenter la peau claire comme une beauté unique. À ce sujet, Sunny Jain, présidente de la division beauté chez Unilever a exprimé que le groupe est « pleinement engagé » et « inclusif ». Une annonce qui interroge rétrospectivement sur la sincérité des marques. En parallèle, le magazine Vogue a lui aussi été interpellé par les internautes sur les réseaux sociaux. En cause, un manque de diversité flagrant entre les équipes internes, les mannequins présentés en couvertures et les communications pro-diversité de la marque. Le #VogueChallenge met en évidence la nécessité pour les marques d’avoir des discours et des preuves alignées.

Le monde d’après, c’est quand ?

En période de crise, les entreprises se doivent d’être exemplaires car leur engagement est plus que jamais attendu par les citoyens-consommateurs. Le problème, c’est que bien souvent les marques expriment des valeurs exemplaires dans des campagnes de communication léchées tandis qu’en interne ces déclarations ne sont pas incarnées. Pour faire simple, il est invraisemblable de promouvoir la diversité dans une publicité lorsque l’on fait de la discrimination à l’embauche. Certain.e.s dirigeant.e.s prennent cette problématique d’alignement expression/action au mot à l’instar de Alexis Ohanian, co-fondateur de Reddit qui a récemment cédé son siège au Conseil d’Administration de sa société à une personne racisée. Dans cette dynamique de renouveau, des marques s’interrogent sur la nécessité de s’affranchir de leur passé pour aller de l’avant tandis que d’autres repensent leur identité. En atteste, un rebranding tout frais qui nous a particulièrement plu, c’est celui de Welcome to the Jungle. Nous avons aimé sa signature Work for more, évocatrice d’un rapport au travail en transition où le professionnel est un moyen du personnel.

Dire ce que l’on fait, faire ce que l’on dit… et bien le montrer !

Nous vivons dans des sociétés d’images. Chaque jour, des messages visuels viennent à notre rencontre sans que nous les ayons forcément sollicités. Certains retiennent notre attention tandis que la plupart nous laissent indifférent.e.s. Si la sensibilité visuelle est propre à chaque être, il va sans dire que les images sont un langage bien souvent universel. C’est en partant de ce postulat que Getty Images a questionné les langages visuels de demain. Le rapport Visual GPS présente prophétiquement ce qui attirera nos pupilles dans un futur proche. Une clé de lecture qui donne une direction et conforte dans l’idée que demain sera plus durable & authentique.

Déconstruire pour mieux construire

Notre coup de coeur de la semaine, c’est le livre Le dérangeur : petit lexique en voie de décolonisation. Un ouvrage drôle, instructif et irrévérencieux qui s’attaque à une problématique de taille : la décolonisation de la langue française.

Aussi, on vous invite à écouter cet épisode de France Culture qui plonge dans le rapport que Toni Morrison entretenait avec les mots. Elle qui avait déclaré lors d’une intervention à Stockholm en 1993 considérer le langage comme « un acte doté de conséquences ».

Prenez soin de vous & à la semaine prochaine !

L’équipe Namibie.

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